Pierre « fils » Tremblay - (L'industrie du goudron)
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Pierre Tremblay sollicita donc vers cette même période la permission d'établir une goudronnerie pour le Roi à Baie-Saint-Paul, depuis le cap aux Corbeaux jusques et y compris sa seigneurie des Eboulements. Il prévoyait d'utiliser dans cette étendue « un grand nombre de pins rouge, abattus par le vent depuis vingt-cinq ans ». L'intendant Bégon lui accorda l'autorisation en 1724, de faire construire des fourneaux et des cabanes, « pour retirer les gens qui y travaillent » (27). Sa production devait lui être achetée au prix de 15 livres le baril de quarante-cinq pots, rendu dans les magasins du Roi à Québec.

Depuis la venue de Talon dans la colonie, cette industrie connait quelque vogue dans les parages et depuis que sous l'impulsion de Colbert, désireux d'augmenter la puissance maritime du royaume, on fit des essais sur les pins et sapins du Canada, en vue d'obtenir du brai, de la résine, de l'encens et des goudrons. Le ministre écrivait: « Il n'y a rien de si important pour notre Marine que de nous mettre en état de nous passer des manufactures étrangères ». Vers la fin de 1671, on avait réussi à fabriquer huit barils de goudron. L'un fut envoyé à la Rochelle, l'autre à Dieppe, afin d'en faire l'essai. Les débuts de la Goudronnerie, établie à la Baie-Saint-Paul, furent difficiles. Les deux hommes chargés de l'exploitation trouvaient plus lucratif de trafiquer avec les sauvages. Enfin, un tremblement de terre eut bientôt raison de ce premier établissement.

Afin de venir en aide à la colonie, Pontchartrain décida en 1705 de tenter à nouveau la fabrication du goudron. Mais le prix de revient, grêvé par le coût de la main-oeuvre, était exhorbitant. Afin de le réduire, on eut l'idée d'employer des soldats. Ces derniers recevaient une augmentation de 7 livres sur leur solde, de la poudre pour chasser et une ration d'eau-de-vie. En 1713 on se préparait à fabriquer deux-cents barriques de goudron, lorsqu'un incendie d'une violence extrême ravagea la Baie-Saint-Paul. Tout le bois qui avait été préparé fut brulé. L'exploitation reprit lentement (28).

Cette industrie a eu pour effet d'amener beaucoup de colons sur les terres de la seigneurie des Eboulements. C'était sans doute le but ultime de cette exploitation.


27- Voir l'acte du 15 avril 1724,OI.

28- Joseph Girard, La Goudronnerie de la Baie Saint-Paul, BRH, P.-G.Roy, 1934.

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