| . |
Qu'une mauvaise récolte survienne, et le sieur de Gaillon comptait ses écus à la vue du paysan endetté. Ses enfants iraient grossir les rangs de la main-d'oeuvre de plus en plus nombreuse, réclamée par les forges. Devant Nicolas II du Tremblay, la propriété paysanne et seigneuriale fondait comme neige au soleil.
Avec l'achat de la forge de Randonay, le sieur de Gaillon acheva de constituer un ensemble industriel cohérent et stable. Randonay, Gaillon et Conturbie devinrent indissociables. A la production de fer en barre se substitua au XVIIIe siècle la réalisation d'objets de fonte moulées. Celle-ci fit la réputation de Gaillon, « dont la poterie a toujours été regardée comme supérieure à celle des autres fourneaux, à cause du brillant et du poli qui l'en distinguent ». Nicolas II du Tremblay avait hérité de ses ancêtres la passion d'entreprendre et le goût du commerce.
Lorsque le souci des affaires ne l'accablait pas, le sieur de Gaillon, bourgeois, aimait sans doute à se retirer dans sa bibliothèque. Là, Nicolas II du Tremblay rêvait d'être gentilhomme. La charge de « Secrétaire du Roi Maison et Couronne de France » qu'il convoitait, conférait à son titulaire la noblesse de race, comme s'il était gentilhomme. Ces officiers devaient signer les lettres expédiées dans les chancelleries. Mais c'était un titre sans fonction véritable, recherché en raison des privilèges qu'il offrait. Les secrétaires du roi avaient droit de commitimus et jouissaient de l'exemption de plusieurs droits d'aide, de gabelle, de marc d'or et de logement des gens de guerre. Ils devenaient commensaux du roi, mais par dessus tout, ils acquéraient la noblesse transmissible.
N'entrait pas qui voulait au corps des secrétaires du Roi. Avant de traiter d'un office, le candidat devait s'entendre avec les procureurs élus sur le prix de la charge, qui était élevé. Après avoir conclus avec le titulaire, le Chancelier faisait dresser les lettres de provision. Puis le candidat rendait visite à tous les membres du cabinet. Celui-ci élisait deux commissaires, chargés d'enquêter sur la moralité, la compétence et l'honorabilité du postulant. Il était entendu qu'il devait renoncer de manière absolue à tout commerce ou métier dérogeant et à tout le moins, avoir fermé boutique depuis quelque temps.
Nicolas II du Tremblay fut reçu dans sa charge le 28 mars 1657, par la résignation de Nicolas Guillebert. Ce fut un moment parfait.
|
. |
. |